La Sélection Livres d'Anthony Clément


Librairie "Caractères" Mont de Marsan

Librairie Caractères
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Avril 2017

"LES PARAPLUIES DE SATIE" par Stéphanie KALFON 

(Editions Joelle Losfeld)

A partir de l’inventaire des objets de son « antre » à Arcueil, laissés intacts après sa mort (dont 2 pianos inopérant et les fameux 14 parapluies identiques), catalogue des biens transmis par Milhaud, l’auteur reconstitue le caractère et les événements ayant découlé sur cette accumulation poussiéreuse qui ne cesse d’interroger… Comment Satie en est arrivé là ? Que s’est-il passé dans sa vie pour devenir cet original absolu, indolent au sourire lointain que sa timidité faisait passer pour un arrogant mutique ? Le style cultive comme la musique de cet indiscipliné déterminé, le silence, la lenteur, l’ennui. On pénètre dans les arcanes d’une sensibilité sans équivalent alors, où à rebours de la conformité hypocrite et lâche (incarné par le Conservatoire qu’il quitte à 2 reprises), le compositeur pense le monde et le sens même de l’art musical en actes de pure poésie. C’est un pianiste pourtant reconnu, doué d’un son exquis, mais dont les humeurs et la nonchalance affichée déplaisent aux tenants de l’autorité et du goût officiel. Eric est de venu Erik, avec un « k », tel est l’auteur qui se veut rebelle viking contre la société bien pensante.

Solitaire et jaloux de son intégrité artistique, Erik Satie a trente-quatre ans. en 1901… Sans ressources et sans avenir professionnel, il délaisse Montmartre et l’auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide où, coincé entre deux pianos désaccordés, il boit autant, ou plus, qu’il compose.

Sans complaisance pour la médiocrité collective qui l’environne, Satie se dresse ici dans un portrait taillé en facettes, comme un gemme à l’esprit moqueur et la formule mordante. L’auteure mêle le ton de l’essai biographique et aussi la liberté d’un scénario libre qui néanmoins, scrute son sujet et son modèle avec une passion millimétrée, toujours soucieuse de vérité ; car toucher à l’essence du mystère Satie reste un défi de taille… 

"DEMON #1" par JASON SHIGA

(Editions Cambourakis)

Littérature jeunesse, Bande-dessinée :  Demon #1 est le premier volume du nouveau projet-fleuve de Jason Shiga. On y retrouve son personnage de prédilection, Jimmy Yee. Mathématicien et père de famille banal, il n’a jamais rien entrepris d’original dans sa vie avant de réserver une chambre dans un motel afin de s’y suicider. Il échoue, multiplie les tentatives de toutes sortes, toujours sans succès… Ressort humoristique grinçant de la narration, cette répétition devient le moteur d’une folle histoire qui va faire de Jimmy et de ses réincarnations à différents moments de sa vie un des hommes les plus recherchés du pays... Dévoilant les indices au compte-goutte, Shiga distille le suspense tel un poison dans son intrigue farfelue et promène le lecteur d’une piste à une autre...

Apparue initialement sur le web, le projet Demon contient plus de 720 planches, dont la publication est prévue en quatre volumes, à partir d'octobre 2016.

Mars 2017

 " TRAVERSEE EN EAU CLAIRE DANS UNE PISCINE PEINTE EN NOIR" par COOKIE MUELLER

(Editions Finitude)



 " LA NUIT TRAVERSEE" par OLIVIER DAGUERRE

(Editions Lamao)



 " SOUS LA TERRE DES MAORIS" par CARL NIXON

(Editions de l'Aube)

Mark Saxton s’est suicidé. Il s’appelait aussi Maaka Pitama. Son père biologique, un Maori du nom de Tipene, vient voler sa dépouille afin de lui offrir des funérailles dans le respect de la tradition maorie. Sauf que c’est Box Saxton qui a élevé Mark, et il entend bien que son fils soit enterré sur les terres de sa propre famille. À travers l’affrontement terrible que vont se livrer les deux hommes, c’est un portrait sans concession de la Nouvelle-Zélande que nous propose Carl Nixon, dévoilant les tensions existantes entre les communautés du pays, l’attachement aux traditions et l’amour de la terre.

 " LE CHANT DE LA TAMASSEE " par RON RASH

(Editions du Seuil)

La Tamassee, protégée par le Wild and Scenic Rivers Act, dessine une frontière entre la Caroline du Sud et la Géorgie. Ruth Kowalsky, 12 ans, venue pique-niquer en famille sur sa rive, fait le pari de poser un pied dans chaque État et se noie. Les plongeurs du cru ne parviennent pas à dégager son corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute. Inconscient des dangers encourus, son père décide de faire installer un barrage amovible qui permettra de détourner le cours de l’eau. Les environnementalistes locaux s’y opposent : l’opération perturbera l’état naturel de leur rivière, qui bénéficie du label « sauvage ». Les deux camps s'affrontent violemment tandis que le cirque médiatique se déchaîne de répugnante manière et que des enjeux plus importants que la digne sépulture d'une enfant apparaissent…

Le Chant de la Tamassee, deuxième roman de Ron Rash – publié aux États-Unis avant Le Monde à l’endroit –, est le plus représentatif de l’engagement de l’auteur pour la protection de l’environnement. Tout en décrivant un drame humain déchirant, il y rend hommage à ses références avouées, Peter Matthiessen et Edward Abbey.

Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est un poète, auteur de cinq recueils de nouvelles et de six romans, tous lauréats de prestigieux prix dont le O. Henry Prize et le Frank O’Connor Award (pour Incandescences). Le Chant de la Tamassee a reçu le Weatherford Award et le SEBA Award du meilleur roman. Ron Rash est titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez

Février 2017

"OH LA VACHE" par DAVID DUCHOVNY

(Editions Grasset)

Vous connaissez Emma Bovary ? Voici sa cousine américaine, une adorable petite vache au destin tout aussi romanesque. Pour Elsie Bovary, le bonheur a toujours été dans le pré – jusqu’au jour où elle comprend qu’elle est vouée à finir en steak haché. Flanquée de deux complices, Shlomo le cochon converti au judaïsme et Tom le dindon qui voulait voir Istanbul, Elsie, déterminée à éviter l’abattoir, se lance dans un rocambolesque projet de Grande Évasion.
 
Pour son premier roman, l’acteur David Duchovny détourne la fable animalière avec un toupet irrésistible. Best-seller aux États-Unis, Oh la vache !, signé par le plus célèbre chasseur d’aliens de toute l’histoire télévisée, est l’OVNI littéraire de l’année : une comédie aussi drôle et déjantée qu’un film Pixar, bourrée de clins d’œil, politiquement incorrecte et moins candide qu’il n’y paraît, entre George Orwell et Tex Avery.
 
David Duchovny écrivain ?
Meuh non !
Meuh si.

Janvier 2017

 " L' APPRENTISSAGE DE DUDDY KRAVITZ" par Mordecai RICHLER

(Editions Le Sous-sol)

La fortune de L'apprentissage de Duddy Kravitz est considérable. D'abord paru en anglais en 1959 à Toronto, Londres et Boston, puis réédité plusieurs fois avant d'être traduit en français (1960 et 1976), en hébreu (1976) et en italien, le roman a été porté à l'écran en 1974 par Ted Kotchef, avec Richard Dreyfuss dans le rôle titre. L'intrigue se déroule dans le quartier juif de Montréal, au cours des années 1940. Elle s'attache, avec humour et dans une langue souvent populaire, au destin de Duddy Kravitz, petit-fils d'immigrant et orphelin de mère, qui entend se tailler une place au soleil. Contrairement à son grand-père, simple cordonnier profondément attaché au passé culturel de son groupe, l'ambitieux Duddy n'hésite devant rien pour réaliser son rêve : posséder un lopin de terre. Car, lui a enseigné ce grand-père avec qui il entretient une relation privilégiée, « un homme qui ne possède pas de terre n'est rien ».

 " SEULES LES BETES" par Colin NIEL

(Editions Le Rouergue)

Dans une bourgade reculée des Causses, une femme disparaît. Et pas n’importe quelle femme, Evelyne Ducat, épouse d’un notable du village… Enlèvement ? Meurtre ? Ce fait-divers fait jaser les habitants et bouleverse leur quotidien… Cinq d’entre eux prennent tour à tour la parole et nous dévoilent leur intimité : Alice, Joseph, Maribé, Armand et Michel. Cinq voix, cinq solitudes qui s’imbriquent et se répondent, liées de près ou de loin à cette disparition…

Autant le dire tout de suite, ce roman est totalement déroutant ! On s’interroge beaucoup, on fait souvent fausse route, et finalement, l’intrigue nous amène bien plus loin que nous pouvions le penser au début de la lecture… Captivant !

Mais l’histoire, bien que passionnante, n’est finalement qu’un prétexte dans ce polar qu’on devrait plutôt qualifier de roman noir. Le contexte social est au centre du récit et Colin Niel nous offre un portrait très juste et quasi journalistique de la vie rurale aujourd’hui, une réflexion sensible sur l’amour et la solitude.

 " KOI KE BZZZ" par Carson Ellis

(Editions Hélium)

Littérature jeunesse : lorsqu'une jeune pousse vient à grandir parmi les insectes, ils se perdent en conjectures... dans leur propre langue insecte. Seul Icky, la sage chenille, pourrait leur venir à l'aide... et trouver l'échelle qui les aidera à gravir la plante... de plus en plus grande ! Un somptueux album par l'auteure-illustratrice Carson Ellis sur le thème des insectes et de la communication, dans une langue "insecte" inconnue de tous !

 " LISTEN WHITEY ! / The sounds of Black Power 67-74 " par Pat THOMAS

(Editions Les Fondeurs de Briques)

Pat Thomas est musicien, producteur de disques et journaliste musical indépendant spécialiste des années 1960 et 1970. Il s’est plongé dans l’univers du Black Power,dénichant de nombreux enregistrements rares, dans différents registres : jazz, soul, poésie, discours, interviews, constituant ainsi la plus riche collection au monde. Il vient de réaliser la réédition de «First Blues» d’Allen Ginsberg.
"Listen whitey !" raconte l’influence du Black Power dans le domaine des musiques folk, rock, soul et jazz entre 1965 et 1975, quand les musiciens étaient considérés comme des révolutionnaires et les révolutionnaires comme des icônes de la culture populaire. Cependant, cet ouvrage ne parle pas uniquement de John Lennon traînant avec Bobby Seale et de Mick Jagger enregistrant une chanson à propos d’Angela Davis ; il s’agit d’un catalogue exhaustif des enregistrements en lien avec le Black Power mis au jour par l’auteur à l’issue de cinq années de recherches 

intensives – une collection d’albums et de 45-tours, de cassettes et de bandes ainsi qu’une poignée de films ignorés pendant des décennies. La musique y est le média principal mais on trouve également des discours, des entretiens, de la poésie, du spoken word et même des sermons religieux militants. Le texte est illustré par plus de 200 documents : pochettes de disques, vinyles, affiches, tracts, coupures de presse, photos, etc. qui nous replongent dans cette bouillonnante décennie qui vit les revendications des Noirs reprises par des artistes reconnus et populaires.

Le disque est la bande-son du livre. Il comporte 16 titres, dont7 jamais édités en CD, comme la chanson de Bob Dylan, «George Jackson » (version accoustique), plusieurs autres n’étant plus disponibles, le tout évitant les titres déjà présents sur d’autres anthologies. Il présente différents styles musicaux : folk (Bob Dylan, Roy Harper), jazz (Marlena Shaw, Gene McDaniels, Shahid Quintet), jazz punk (Kain) proto-rap (The Watts Prophets, The Last Poets), soul (Elaine Brown, Gil Scott-Heron), rythm’n’blues (The Lumpen) ainsi que des titres d’Amiri Baraka, de John Lennon & Yoko Ono « Angela », un discours de Stokely Carmichael et un entretien radiophonique de 1971 avec Eldridge Cleaver, l’un des porte-parole des Black Panthers, à propos de Timothy Leary, tous deux réfugiés à Alger.

Décembre 2016

"HISTOIRE DU LION PERSONNE" par STEPHANE AUDEGUY

(Editions du Seuil)

Yacine, jeune Africain quitte un jour son village, où il a appris à lire et à écrire auprès d'un missionnaire, pour rejoindre Saint-Louis du Sénégal. Il doit entrer en contact avec le directeur de la Compagnie royale du Sénégal, un anti­-esclavagiste guère apprécié localement. En chemin, il adopte un lionceau abandonné auquel il donne le nom de Kena, qui signifie « personne » en wolof. Personne, comme le nom qu'annonce Ulysse dans la grotte de Polyphème, dans L'Odyssée.

Personne, devenu adulte et domestiqué, va alors voguer vers la France, enchaînés dans des soutes immondes, en direction de la Ménagerie royale de Versailles. Il traverse la France en 1788 sous les regards curieux ou hostiles de la population.

À Versailles, la Ménagerie royale est bientôt laissée à l'abandon.
Personne devient l'objet de querelles inattendues. Doit-on le sacrifier, comme soutiennent les plus radicaux, au motif que ce «roi des animaux» n'est que l'incarnation d'un Ancien Régime à bannir et que les plaisirs du Roi doivent tous disparaître ? Doit-on, au contraire, le laisser en vie, pour l'édification des masses, parce qu'il symbolise la fainéantise de la royauté ?...

Stéphane Audeguy mène son récit avec brio et un vrai talent de conteur. Et s'attache à dessiner, en arrière-plan, la période historique révolutionnaire, méditant sur la folie et la cruauté de ces temps de grands bouleversements tant philosophiques que politiques.

"LA BRIGADE DU RIRE" par GERARD MORDILLAT

(Editions Albin Michel)

Il y a Kowalski, dit Kol, né en colère. Betty, licenciée de l’imprimerie où elle travaillait. Dylan, prof d’anglais et poète. Les jumelles Dorith et Muriel, pour qui la vie est une fête permanente. L’Enfant-Loup, coureur et bagarreur. Suzana, infirmière en psychiatrie. Rousseau, beau gosse et prof d’économie. Hurel, industriel, lecteur de Marx et de Kropotkine. Isaac le rouquin, distributeur de films, et Victoria que personne n’attendait…

Constitués en « Brigade du rire », par jeu, ils kidnappent Pierre Ramut, l’éditorialiste vedette de Valeurs françaises, et, dans un bunker transformé en atelier, l’installent devant une perceuse à colonne. Forcé de travailler selon ce qu’il prescrit dans ses papiers hebdomadaires – semaine de 48h, salaire de 20% inférieur au SMIC, productivité maximum, travail le dimanche –, Ramut saura désormais de quoi il parle…

Dans une grande fresque tragi-comique, fidèle à son univers – Vive la sociale, Les Vivants et les Morts – Gérard Mordillat parle du monde d’aujourd’hui, de ses injustices, de ses luttes, de ceux qui refusent de se soumettre et se vengent d’un grand éclat de rire.

Gérard Mordillat, pour La Brigade du rire, fait partie de la première sélection du Prix des libraires 2016.

Novembre 2016

"LES PETITES CHAISES ROUGES" par EDNA O'BRIEN

(Editions Sabine Wespieser)

Vladimir Dragan est originaire du Monténégro. Il entend s’établir comme guérisseur. Rien d’étonnant à ce que Fidelma, très belle et mariée à un homme bien plus âgé qu’elle, tombe sous le charme.
L’idylle s’interrompt quand Dragan est arrêté. Recherché par toutes les polices, inculpé pour génocide, nettoyage ethnique, massacres, tortures, il est emmené à La Haye, où il rendra compte de ses crimes.
Le titre choisi par Edna O’Brien s’éclaire alors, ainsi que l’introduction rappelant que 11 541 petites chaises rouges avaient été installées à Sarajevo en 2012 pour commémorer la mémoire des victimes du siège.

Avec une infinie tendresse et une infinie compassion, la grande romancière irlandaise se penche sur le destin d’une femme ordinaire, que sa naïveté a rendue audacieuse, et dont l’existence a été ravagée pour avoir vécu, sans savoir à qui elle avait affaire, une brève histoire d’amour avec l’un des monstres les plus sanguinaires du XXesiècle.
La prose d’Edna O’Brien est éblouissante : comme dans la vie, passant de la romance à l’horreur, d’un lyrisme tremblé au réalisme le plus cru, elle nous donne, avec ce roman de la culpabilité et de la déchéance d’une femme, son absolu chef-d’œuvre.

Roman traduit de l'anglais (Irlande) par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat

"MISTER ALABAMA" par PHILIP QUIN MORRIS

(Editions Finitude)

Mud Creek, Alabama, été 1979.
Alvin Lee Fuqua, ex Mister Alabama, a 28 ans et un rêve : devenir Mister America. Un bien beau rêve, contrarié par un problème de hanche.
Alors Alvin a changé ses plans – adieu gloire et bodybuilding, cap sur la fortune grâce à la pêche aux moules. C’est bien plus lucratif que la contrebande de whisky. 
La vie des plongeurs est paisible à Mud Creek, jusqu’au jour où le mentor d’Alvin, le légendaire Johnny Ray, s’écroule, victime du mal des profondeurs.
Comprendre comment Johnny Ray a pu mourir devient l’obsession d’Alvin. Sa vie bascule. Il se remet à la musculation, invente de nouveaux exercices aussi loufoques que terribles, il prend des stéroïdes, au risque d’y laisser sa peau. Interviennent alors la veuve nymphomane de Johnny Ray, Cliff, un vétéran du Vietnam, Freddy, un ancien joueur de baseball, un shérif, des plants de marijuana...  Et petit à petit, rien ne va plus...

"POURQUOI PERD-ON LA GUERRE ?" par GERARD CHALIAND

(Editions Odile Jacob)

Depuis le retrait du Vietnam, le bilan militaire de la puissance américaine et de ses alliés occidentaux est sans conteste négatif : conflits coûteux, résultats militaires médiocres, conséquences politiques désastreuses. 
Conjuguant l’histoire, la géopolitique et l’observation du terrain, Gérard Chaliand rappelle quels étaient les ingrédients de la victoire – et donc les raisons actuelles de l’échec, notamment au Moyen-Orient.
Voulons-nous vraiment gagner ces guerres ? À quel prix ? 

Stratégiste, géopoliticien, Gérard Chaliand est un observateur engagé des conflits irréguliers sur quatre continents. Témoin de longue durée en Afghanistan, où il a enquêté dans diverses provinces, ainsi qu’en Irak, où il se rend régulièrement depuis 2000, notamment chez les Kurdes, y compris ceux de Syrie.
Il a enseigné à l’ENA, à l’École de guerre ainsi qu’à Harvard, à Berkeley et à Singapour. Plus de vingt de ses livres sont traduits en anglais et dans une douzaine d’autres langues. 

Octobre 2016

"CAPITAINE FRITES" de ARNAUD LE GUILCHER

(Editions Robert Laffont)

"TILLÔ, UN TORRENT DE BISONS" de MARTIAL CAROFF

(Editions Babelio)

Septembre 2016

"AMOUR MONSTRE" par Katherine DUNN

(Editions Gallmeister)

Les membres de la famille Binewski sont bien étranges... Pour sauver son cirque. Al, le père, décide avec sa femme Lil de créer une famille "sur mesure". 
A force de médicaments et autres radiations, Lil met au monde cinq enfants : Arturo, l'Homme - Poisson dont les membres sont des nageoires, Electra et Iphigenia, soeurs siamoises et pianistes, Fortunato dont on craint un moment qu'il soit normal, mais qui fait bientôt preuve de particularités des plus monstrueuses et enfin Olympia, la narratrice naine, bossue et albinos. 
Maintenant Olympia, elle aussi, a une fille, Miranda, miracle de jeunesse et de beauté. Une fille en danger de mort que seul l'amour féroce de sa mère peut sauver...

Amour monstre, œuvre unique et fascinante, interroge les notions de monstruosité et de normalité, de beauté et de laideur, de sacré et d’obscène. Avec ce roman culte aux États-Unis, Katherine Dunn brise tous les tabous pour refaire le monde et nous parler d’amour.




"LA CAGE" par KERRY HOWLEY

(Editions Vies parallèles)

Alors qu'elle est en déplacement dans la ville de Desmoines en Iowa pour une conférence de phénoménologie, Kit, une jeune étudiante en philosophie, assiste, un peu par hasard, à un combat de la MMA Cage Fighting. Subjuguée par la violence de ce combat au cours duquel tous les coups semblent permis, mais aussi par sa propre réaction à celle-ci, elle décide de s'y intéresser de plus près. Jusqu'à l'obsession...
Pendant un peu plus de deux années, elle suivra au quotidien Sean et Erik, deux combattants de ce sport-spectacle de l'extrême. L'un est un dur au mal routinier, en perpétuel surpoids, porté sur la fumette, qui accepte benoîtement tous les combats qui lui sont proposés, l'autre est un jeune prodige, beau, méthodiquement entraîné et promis à un bel avenir. Durant ces deux ans, ils se casseront des os, seront maintes fois recousus, fonderont des familles, aimeront, espéreront, seront déçus, espéreront encore.
Tout en posant des questions graves (Qu'est-ce qui nous exalte dans les souffrances des autres ? Qu'en coûte-t-il de chercher l'extase par la violence ?), Kerry Howley, nous dévoile avec intelligence, humour et humanité, sous ces portraits d'anti-héros modernes tour à tour absurdes et attachants, pathétiques et grandioses, beaucoup de nous-mêmes.

 

"L'HOMME POSTHUME" par JAKE HINKSON

(Editions Gallmeister)

Ce nouveau livre d’Hinkson résonne avec le premier. On est de nouveau à Little Rock, Arkansas, et là encore le personnage principal – que l’on peinerait à qualifier de héros – est un pasteur repenti qui va tremper dans une sale affaire. Elliot a tenté de se suicider et a presque réussi. Il est mort pendant trois minutes. Après cette expérience et un retour à la vie qu’il ne désire pas vraiment, il a tôt fait de se lier avec Felicia, l’infirmière. Sauf que Felicia est en affaires avec un trio aussi bête que dangereux constitué d’une paire de jumeaux – un muet inquiétant et un flic pourri – et de l’effrayant Stan the Man.  Coincé mais sans plus rien à perdre, Elliot se trouve donc embringué dans le plan foireux de cette drôle d’équipe.Il y a dans le personnage d’Elliot, suicidé raté mais déjà mort quelque chose d’incontestablement intéressant. Et la façon dont, comme un cadavre flottant, il se laisse porter par le courant jusqu’au moment où il va décider de prendre une autre direction et, d’une certaine manière, revenir à la vie est l’argument principal qui plaide en faveur du roman de Jake Hinkson.

"FIGURES PAYSANNES EN FRANCE - TOME 2" sous la direction de Y. Chanoir et C. Piot

(Editions d'Albret)

Cet ouvrage tente de faire le point sur l'évolution de l'histoire des paysans mais aussi sur les regards multiformes portés sur le monde rural. Il y est ainsi question du traitement pédagogique mais aussi historiographique de la question. La région Languedoc-Roussillon est également directement évoquée sous l'aspect des contestations viticoles. Les enseignants pourront également trouver du grain à moudre sur le thème du développement durable.

Des spécialistes de l'histoire des mouvements paysans tels que Rémy Pech ou Jean Vigreux ont contribué à l'ouvrage. On y trouve aussi des personnalités plus engagées comme Bernard Péré, membre de la confédération paysanne et de EEVL, ou Chrisitan Rouaud, réalisateur du film Tous au Larzac. La direction de l'ouvrage a été assurée par Yohann Chanoir, secrétaire de rédaction d'H&G et Céline Piot, membre du bureau de la régionale Aquitaine de l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie de l'Enseignement Public (A.P.H.G.). Hubert Tison, secrétaire général, ou bien Richard Vassakos, membre de la régionale, figurent aussi parmi les contributeurs. 



"ANGUILLE SOUS ROCHE" de AZIL ZAMIR

(Editions le Tripode)

Quelque part dans l’océan Indien, une jeune femme se noie. Ses forces l’abandonnent mais sa pensée, tel un animal sur le point de mourir, se cambre : dans un ultime sursaut de vie et de révolte, la naufragée nous entraîne dans le récit de sa vie... 

Roman aussi étourdissant qu'envoûtant, qui n'est pas sans rappeler L'Art de la joie de Goliarda Sapienza par la beauté de son héroïne et la force de sa langue, Anguille sous roche est un miracle littéraire : 

« On entre dans Anguille sous roche comme en eaux troubles. Je l’ai lu debout, gîtant comme un mât dans la houle, ballotté par le flux verbal de la mélopée obsédante et hypnotique d’Anguille, l’héroïne narratrice. Je me suis laissé emporter dans les flots de sa prose organique et vivante, une seule longue phrase rythmée par la nécessité et l’urgence, proche de la tradition orale. Et j’ai glissé sur les lames de sa pensée, avec ses errements, ses certitudes et ses cris de colère. […] Dans cette histoire de jeune fille pas sage, de passage, de traversée et de passeur, la voix ultramarine d’Anguille sous roche ouvre un sillon qui n’est pas près de se refermer. » (Laurent Boscq)