La Sélection de la Librairie Caractères

Romain Baxères, Aurore Pourny et Anthony Clément


Librairie "Caractères Social Club"
Mont de Marsan

Librairie Caractères
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Avril 2018

"DES ETOILES & DES CHIENS" par THOMAS VINAU

(Editions Le Castor Astral)

" AMY c'est un camion vide dans une pâtisserie
un macaron de vide 
une ambulance qui tire la nuit 
le moineau cassé qui tient le fusil
tout le monde est d'accord pour aimer Amy
maintenant qu'elle est morte 
savez vous comment il est difficile de sauver un oiseau?
parfois le ciel a les dents qui poussent 
la grâce est minable
le rimel crado
ce goût de limaille de fer sur la langue
et l'air dur comme du ciment sale 
parfois rien ne se lève 
et le jour chancèle 
comme un poivrot 
c'est Amy qui lui a mis une cuite
qui nous met une valse
qui tient toute entière notre peine 
dans sa belle bouche " .

Ce poème dédié à Amy WINEHOUSE est extrait de cet incroyable livre : une galerie de portraits de perdants magnifiques célèbres, de chevaleresques génies, "des copains canines, des copines venin" parmi lesquels Guillaume DEPARDIEU, Jim HARRISON, Philippe LEOTARD, Jean ROCHEFORT, Shane MC GOWAN, Victor HUGO, Erik SATIE, Les BERURIER NOIR...

"PAR LES RAFALES" par VALENTINE IMHOF

(Editions du Rouergue)

Un plan cul qui vire au meurtre et une héroïne qui y prend goût , une fête viking, des tatouages, de la mythologie nordique, de la violence et de la poésie sur fond de Tom WAITS à PANTERA en passant par MINISTRY...

Qui est vraiment Alexis Fjærsten, cette belle jeune femme qui a établi son camp de base à Metz, tombant immédiatement dans le c?ur d'Anton ? Pourquoi tue-t-elle sauvagement un inconnu qui lui fait du charme ? Qui lui fait peur au point qu'elle est prête à s'enfuir jusqu'au bout du monde ? Dans un premier roman intense, gorgé d'alcool, de rock et de poésie, Valentine Imhof nous emporte sur les pas d'une héroïne qui s'est placée sous la protection de Loki, le dieu destructeur de la mythologie nordique...

Mars 2018

Février 2018

"LE CAMP DES AUTRES" par THOMAS VINAU

(Editions Alma Editeur)

Gaspard fuit dans la forêt avec son chien. Il a peur, il a froid, il a faim, il court, trébuche, se cache, il est blessé. Un homme le recueille. L’enfant s’en méfie : ce Jean-le-blanc, est-ce un sorcier, un contrebandier ?
En 1907, Georges Clemenceau crée les Brigades du Tigre pour en finir avec « ces hordes de pillards, de voleurs et même d’assassins, qui sont la terreur de nos campagnes ». Au mois de juin, la toute nouvelle police arrête une soixantaine de voleurs, bohémiens et déserteurs réunis sous la bannière d’un certain Capello qui terrorisait la population en se faisant appeler la Caravane à Pépère. C’est avec eux, que Gaspard, l’enfant insoumis, partira un matin sur les routes...

"RABOT" par ADRIEN GIRAULT

(Editions de l'Ogre)

Dans la grande tradition des romans noirs, d’Aucune bête aussi féroce à Le Facteur sonne toujours deux fois, Rabot met en scène une cavale dont l’issue ne peut qu’être tragique. Et c’est là toute l’originalité de ce premier roman, cette fatalité estun leurre, qui ne cache qu’un abandon, une fatigue. Dans une écriture vive et poétique, Adrien Girault déploie un imaginaire cinématographique et mystérieux où ce qui est tu compte autant que ce qui est dit.
 
« On n’est pas très à l’aise, tous les trois, avec la façon qu’on a d’être vivants. On est comme chancelant sur un ruisseau dont l’eau jaunit. On use nos voix. On se déchire des mêmes élans qui font la joie et la détresse. On a des regrets, au coucher, le coussin est trop chaud, les bruits rebondissent et résonnent contre les parois. On vire, ventre dos côté, on rallume la lumière. »

Janvier 2018

"OBOCK" par JEAN-JACQUES SALGON

(Editions Verdier)

Il y a des noms de villes qui semblent condenser tout le pouvoir attractif d’un lieu, toute la mythologie sur quoi se fonde notre désir de voyager. Ainsi Tombouctou, Zanzibar, Vancouver ou Valparaiso…

C’est le nom d’Obock, celui d’une ancienne colonie française devenue aujourd’hui port de la République de Djibouti, qui est à l’origine de ce récit et du voyage que Jean-Jacques Salgon entreprend en février 2016 pour, selon ses mots, aller « visiter ce qui n’existe plus ». Que Rimbaud et l’explorateur nîmois Paul Soleillet s’y soient un jour croisés, aient pu s’y entretenir de leurs projets commerciaux et des périls encourus sur les pistes qui conduisaient leurs caravanes vers le royaume du Choa, que leur vie aventureuse ait trouvé, sous ces climats hostiles, chacune à sa façon, sa fin précoce, voilà qui donne un relief particulier aux évocations dont ce livre est tissé.

Une exploration méthodique de la vie de Soleillet, infiniment moins connue que celle de Rimbaud (alors qu’une situation inverse prévalait de leur vivant), constitue le fil d’Ariane qui nous guide vers ces contrées éloignées à la fois dans l’espace et le temps. Pour les deux trafiquants, l’Abyssinie fut un rêve, un rêve commercial, obstiné, dévorant. C’est vers ce rêve « où filtraient les élans d’une véritable passion géographique » que ce livre nous entraîne.

"PACTUM SALIS" par OLIVIER BOURDEAUT

(Editions Finitude)

Très improbable, cette amitié entre un paludier misanthrope, ex-Parisien installé près de Guérande, et un agent immobilier ambitieux, prêt à tout pour « réussir ».
Le premier mène une vie quasi monacale, déconnecté avec bonheur de toute technologie, tandis que le second gare avec fierté sa Porsche devant les boîtes de nuit.
Liés à la fois par une promesse absurde et par une fascination réciproque, ils vont passer une semaine à tenter de s‘apprivoiser, au cœur des marais salants...

Un an à peine après la sortie du best-seller "EN ATTENDANT BOJANGLES", Olivier BOURDEAUT franchit brillamment l’obstacle toujours redoutable du deuxième roman...

Décembre 2017

"L'ART DE PERDRE" par ALICE ZENITER

(Editions Flammarion)

(Prix Goncourt des Lycéens 2017) L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoirefamiliale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

"L'ORDRE DU JOUR" par ERIC VUILLARD

(Editions Actes Sud)

(Prix Goncourt 2017) L’Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l’Anschluss par l’auteur de Tristesse de la terre et de 14 juillet.

Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.

Novembre 2017

"BARILOCHE" par Andrés Neuman

(Editions Buchet-Chastel)

Demetrio Rota est éboueur à Buenos Aires et, pour échapper à un quotidien morne et sans substance, il s’adonne la nuit à une passion dévorante : les puzzles. Pièce après pièce, à la manière d’une Pénélope revenant chaque fois à l’ouvrage, Demetrio reconstruit son passé. Il tisse une mémoire fragile, vitale, faisant revivre sous nos yeux le parcours d’un homme ordinaire, écrasé par un présent qui l’étouffe et dont il tente de s’affranchir.

 Les émois de l’adolescence, le premier amour, les mécanismes aliénants de nos vies modernes, les évocations d’une nature sublime et les réalités des mégapoles dénuées d’humanité sont au cœur de cette fable contemporaine et poétique, qui interroge puissamment les limites et les écueils de nos existences sans horizon.

Traduit de l'espagnol par Alexandra Carrasco.

Octobre 2017

"GARANCE ROSE" par Hélène Bessette

(Editions Le Nouvel Attila - Othello)

Garance rose est le roman administratif d'Hélène Bessette. Inspiré d'un épisode de sa vie d'institutrice, confrontée à la médisance d'une partie de la ville et des parents d'élèves, madame de Garance cherche à préserver ses fils et sa réputation en postulant ailleurs. En Algérie. À Paris. Aux États-Unis. Mais plus elle sollicite, et se soucie de la parole des autres, plus elle est confrontée au silence, au mépris, et à l'anonyme persécution. Donnant mille nuances et mille voix aux rumeurs, aux on-dit, aux discours qui font et défont les réputations dans le petit monde d'une maîtressse d'école, Hélène Bessette dessine les méandres de la vanité administrative. Roman rose ? Roman noir ? Roman de Rose ? Roman mouroir ? Grevé d'exeat et de lettres recommandées, de « confidentiel » et d'« indésirable », Garance Rose est la généalogie d'une cabbale dirigée contre une femme à qui on prête tous les maux, les torts et les vices. C'est le roman choral, d'une femme seule contre la foule, vif et incandescent.

"BY THE RIVERS OF BABYLON" par KEI MILLER

(Editions Zulma)

Roman traduit de l’anglais (Jamaïque) par Nathalie Carré
Lauréat 2017 du OCM Bocas Prize for Caribbean Literature

Augustown, quartier pauvre de Kingston. En cet après-midi d’avril 1982, Kaia rentre de l’école. Ma Taffy l’attend, assise sur sa véranda. La grand-mère n’y voit plus mais elle reconnaît entre toutes l’odeur entêtante, envahissante, de la calamité qui se prépare. Car aujourd’hui, à l’école, M. Saint-Josephs a commis l’irréparable : il a coupé les dreadlocks de Kaia – sacrilège absolu chez les rastafari. Et voilà Ma Taffy qui tremble, elle que pourtant rien n’ébranle, pas même le chef du gang Angola ni les descentes des Babylones, toutes sirènes hurlantes.

On dirait bien qu’à Augustown, Jamaïque, le jour de l’autoclapse – catastrophe aux promesses d’apocalypse – est une nouvelle fois en train d’advenir. Alors, pour gagner du temps sur la menace qui gronde, Ma Taffy raconte à Kaia comment elle a assisté, petite fille au milieu d’une foule immense, à la véritable ascension d’Alexander Bedward, le Prêcheur volant…

By the rivers of Babylon est un roman puissant, magnifique chant de résistance et de libération.

Septembre 2017

"NIELS" par ALEXIS RAGOUGNEAU

(Editions Viviane Hamy)


Danemark 1943, Niels Rasmussen rencontre Sarah à la rousse chevelure. Il rejoint alors la Résistance et devient le saboteur de génie qui remodèle la ville occupée à coups d’explosifs. Quand le conflit mondial s’achève, Sarah attend un enfant et les héros sont prêts à recueillir leurs lauriers. Pourtant, une page du Parisien Libéré glissée dans un courrier anonyme va infléchir le destin. Dans la rubrique “Épuration” Niels lit :

C’est le 7 mai que le dramaturge Jean-François Canonnier, actuellement détenu à Fresnes, passera devant la Cour de justice de la Seine. Il sera défendu par maître Bianchi.

Éperdu d’incompréhension et pour sauver son « frère de cœur », il entreprend une odyssée qui fera vaciller toutes ses certitudes quant à l’héroïsme, la lâcheté, la Résistance et la collaboration.

Roman d’aventures, enquête introspective, Niels fait fi des genres littéraires et nous soumet à la question : Et vous, qu’auriez-vous fait ?

"ENCORE VIVANT" par PIERRE SOUCHON

(Editions du Rouergue)

Alors qu'il vient de se marier avec une jeune femme de la grande bourgeoisie, l'auteur, bipolaire en grave crise maniaco-dépressive, est emmené en hôpital psychiatrique. Enfermé une nouvelle fois, il nous plonge au coeur de l'humanité de chacun, et son regard se porte avec la même acuité sur les internés, sur le monde paysan dont il est issu ou sur le milieu de la grande bourgeoisie auquel il se frotte. Il est rare de lire des pages aussi fortes sur la maladie psychiatrique, vue de l'intérieur de celui qui la vit. Ce récit autographique est le premier livre publié par Pierre Souchon, journaliste au Monde diplomatique et à L'Humanité.